Libye-Polisario: Alger lâche Kadhafi

Les autorités algériennes ont hâte de prendre leurs distances du colonel Kadhafi et seraient entrées discrètement en contact avec l’opposition libyenne, selon des sources en provenance d’Alger. Comme gage de bonne volonté, Alger a assuré aux membres du CNT, le Conseil National de Transition libyen, que l’Algérie est prête à garantir dorénavant l’étanchéité des frontières entre les deux pays, en arrêtant le départ de mercenaires du Polisario vers la Libye.
Ce revirement algérien sur la crise libyenne était en préparation depuis un certain temps déjà. Mais, d’après la même source, la décision d’Alger de se démarquer définitivement du régime Kadhafi a été précipitée par la décision de la CPI de poursuivre le colonel libyen pour crimes contre l’humanité.
Après la demande du procureur de la Cour pénale internationale, Ocampo, de délivrer des mandats d’arrêt contre le dictateur libyen, son fils Seif Al Islam et le chef des services de renseignements Abdallah Al Senoussi, Alger a compris que le sort de Kadhafi était cette fois-ci scellé pour de bon. Les autorités algériennes savent pertinemment qu’en donnant de telles garanties au CNT, elles reconnaissent de facto qu’elles étaient au courant du va-et-vient des éléments du Polisario de part et d’autre de la frontière algéro-libyenne.

Alger donne, en même temps, crédit aux accusations portées par des responsables de la rébellion libyenne contre le Polisario. Ali Al Arichi, secrétaire démissionnaire, l’équivalent d’un ministre en Libye, avait révélé avec menus détails l’envoi de fournées de mercenaires du Polisario pour aider Kadhafi à mater la rébellion. Surtout, les chefs de l’opposition ont divulgué l’implication du DRS, les renseignements militaires algériens, dans ce trafic transfrontalier.
Mais pour Alger, il vaut mieux tard que jamais. Surtout, les responsables algériens savent que c’est le prix à payer pour ne pas s’aliéner les futurs maîtres du pouvoir en Libye voisine.

 

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